Ultimes confidences avant la fin

Si le procédé du flash-back est classique, Paul Schrader a misé sur cette construction en mosaïque (déjà utilisé dans son Mishima) qui permet la transposition réussie à l’écran, avec deux tonalités de couleur différentes ( un beau travail du irecteur de la photographie, Andrew Wonder) et parfois l’irruption d’un Leonard Fife, âgé, … dans une séquence de jeunesse. Le cinéaste souligne : « Le film mosaïque permet de multiplier les points de vue, d’aborder les choses sous différents angles à différentes époques.« 

Ne masquant pas l’approche de la mort, sans jamais trop en faire à l’image, le film repose sur la présence de Richard Gere au visage marqué par la maladie. Et il marque les retrouvailles inattendues avec un cinéaste qui l’avait révélé il y a plus de quatre décennies dans un tout autre registre : American Gigolo. Face à lui, Uma Thurman surgit là où on ne l’attendait plus en campant cette épouse accompagnant son mari jusqu’à la fin avec une forme de force apparente, tout en découvrant ses « rapports » singuliers avec la vérité, qui ne peuvent que la blesser. Enfin, le film est aussi l’occasion de poser un regard ironique sur l’univers du petit écran avec des « pros » qui n’hésitent pas à planquer une caméra pour capter les moments les plus intimes.

Le pari d’adapter ce roman était difficile : il est réussi même si la mise en scène reste d’un grand classicisme et aurait mérité quelques audaces de montage.

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