La fille des frontières

Indéniablement, le film est réussi quand il colle au plus près de la réalité des migrants et des passeurs et les pérégrinations du couple formé par Mike Wilson – un homme très engagé pour la nation des Tohono O’odham- et le petit-fils (Ezekiel Velasco) dans cette zone frontalière permet de décrire comment les migrants prennent tous les risques pour entrer aux États-Unis et comment certains membres de la police des frontières se comportent comme des chasseurs qui ne font pas grand cas de la vie humaine.

La mise en scène utilise de belle manière le cadre désertique -celui de la frontière au sud de Tucson en Arizona, entre les États-Unis et le Mexique – en choisissant un format compact (1;55) pour renforcer l’impression de claustrophobie et Philippe Van Leeuw a privilégié un ton blanc plus dur qui confère au désert ce côté oppressant, comme s’il s’agissait d’une autre planète.

Si ce drame humain et politique montre sans fard le quotidien de ces zones de frontières, on peut toutefois regretter que la personnalité de cette Jessica Comley ne soit pas mieux définie, notamment dans ses névroses profondes, même si l’on sent des manques affectifs, des relations de famille compliquées. Vicky Krieps a beau mettre une vraie intensité dans son personnage, il lui manque ce supplément d’âme qui aurait permis de mieux cerner sa psychologie.

Un film de combat, mais qui aurait mérité un scénario plus fouillé…

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