Une farce féministe déjantée

Affichant une féminité assumée et conquérante, y compris dans sa pilosité, l’histoire – qui utilise joliment la lumière de Marseille et certains de ses lieux emblématique (l’immersion des valises au large du Château d’If est un clin d’œil à Dumas sans nul doute) – est un uppercut visuel et sonore avec des dialogues ciselés pour dénoncer toutes les oppressions patriarcales, y compris dans le couple en apparence cool formé par la jeune comédienne (Noémie Merlant) et son mari, avocat. Côté mise en scène, même s’il y a parfois un abus des gros plans en mouvement, la réalisation tient un solide rythme de croisière et offre quelques idées originales comme la scène de l’agression suggérée par des éclats des Balcars de l’appartement transformé en studio photographique.

Jouant sur trois registres différents, les trois amies insufflent un vrai tempo à cette « farce punk« , selon l’expression de la réalisatrice. C’est osé, gonflé et provocant et l’histoire, concoctée avec Céline Sciamma, dépasse même le « simple » thème de la violence faite aux femmes en évoquant aussi l’avortement, une sexualité libre, le désir et le plaisir féminins.

Le ton punk est parfois un peu lourd, le film connaissant une baisse de régime après « l’accident » survenu au voisin, notamment dans l’utilisation des moments fantastiques, pour autant c’est une comédie de combat qui, derrière le rire, doit provoquer la réflexion et faire réagir une société pas tendre avec les femmes. En tout cas, une chose est sûre : Noémie Merlant surprend là où personne ne l’attendait !

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