Mauvaise foi… au Vatican

Au fil des séquences, et sur un tempo magistral, le film décrit des aspirants papes qui, débordant d’ambition, font des alliances comme dans n’importe quelle présidentielle, tout en sachant utiliser l’argument de leur foi, de leurs doutes… Au centre de ce trouble jeu, il y a le doyen, fort subtilement campé par Raph Fiennes, qui se refuse à se présenter officiellement, mais qui tire bien des ficelles en coulisses, y compris en accomplissant des choses interdites. Son but est de barrer la route à un cardinal italien ultraconservateur, pour offrir les clés du Vatican à un Pape réformiste et plus ouvert.

L’astuce du scénario, c’est que le spectateur vit le récit au rythme du point de vue des protagonistes, des discussions de couloir ou de cantine, ou des rendez-vous entre le doyen et la mère supérieure, jouée avec une grande autorité par Isabella Rosselini.

Là où le film perd de sa mécanique parfaite, c’est dans la dernière partie avec les « révélations » sur le nouveau Pape, avec un retournement qui sacrifie un peu trop à l’air du temps et surgit de manière un peu lourde dans un scénario jusque là bien huilé. S’il ne faut absolument pas donner des indices, on se doutait dès son apparition à l’écran qu’un mystérieux cardinal allait jouer un certain rôle dans ce récit qui prouve que, dans la pratique, les voies du Seigneur sont bien impénétrables…

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