Jouant sans grands effets sur de multiples plans dans cet univers confiné – le trajet a été filmé par neuf caméras et les séquences diffusées sur des écrans LED dans le studio de tournage – Christy Hall signe un récit d’une grande humanité dans lequel, petit à petit, les deux compagnons de route finissent pas se confier sur les sujets les plus intimes. Cette proximité n’étant interrompue que par les messages de son amant, parfois très crues, à la jeune femme.
Rendue célèbre par Cinquante nuances de Grey, Dakota Johnson incarne cette femme qui cache sa fragilité derrière une froideur apparente. Quant à Sean Penn, dont le visage buriné est souvent filmé en gros plan, il apporte une dose d’humanité à ce chauffeur de taxi que l’on sent un peu revenu de tout et qui profite de cette inconnue pour se dévoiler le temps de ce périple. Évitant bien des pièges, notamment dans la séquence finale, ce film de nuit est le beau portrait de « blessés » de l’existence qui se réconfortent mutuellement dans l’anonymat d’une course de nuit au cœur des autoroutes américaines.
