Errances en Himalaya

Autre « personnage » du récit qui lui confère une atmosphère singulière : cette montagne mythique. Et un tournage qui fut, lui-même, une aventure , l’équipe tournant dans la colonie la plus haute du monde, entre 4 000 et 6 000 mètres ! Et Min Bahadur Bham – de souligner : « C’était comme être aux prises avec une caméra sur la lune, chaque inspiration devenait une lutte, et le temps pouvait passer du soleil au blizzard en un instant. Je me souviens de beaucoup de moments où le vent menaçait de déchirer la tente de l’équipe, d’autres où de fortes « chutes de neige allaient ensevelir l’équipement !« 

On ne peut qu’être étonné par la qualité du jeu d’acteurs pour la plupart non professionnels qui parviennent à faire passer, dans une grande économie de mots, des émotions fortes. La réalisation ne manque pas de souffle non plus. Et ce voyage immersif et méditatif comporte certaines séquences oniriques, voire mystiques, et qui sont symboliquement teintées d’une couleur rougeâtre, .

D’une grande subtilité, sans jamais porter le moindre jugement moral péremptoire sur la tradition de la polyandrie, ce film qui laisse du temps au temps est un petit régal visuel, tant ces décors austères de montagne offre un écrin inattendu à ce périple d’une jeune femme courageuse et qui ne baisse jamais la garde.

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