Les hasards de l’enquête ont permis à Magnus Gertten de rencontrer la petite fille de Nelly Mousset, Sylvie Bianchi, mariée à un agriculteur et qui possédait dans son grenier un trésor : une malle qui avec les archives de son aïeule et notamment son journal des années de camp, des photos… Ainsi, elle décrit le choc de son arrivée à Ravensbruck : « Je prie de façon mécanique pour entretenir la flamme de la vie. » Nelly qui va devenir « l’amie » de Nadine grâce à ses chants, notamment quand elle interprète pour elle Butterfly, de Puccini. Si, avec sa sœur, Sylvie a bien connu Nadine, personne ne parlait de cette relation homosexuelle dans sa famille.
Partant sur les traces de son aïeule avec Sylvie Bianchi, le réalisateur retrouve même à Caracas, où Nelly et Nadine ont vécu dans les années 60, un vieil ami, qui, avait conclu un mariage de raison, tout en vivant une passion cachée avec un homme. Le doc raconte aussi comment Nadine a travaillé pour l’auteure lesbienne Nathalie Clifford Barney, hôtesse d’un célèbre salon littéraire rue Jacob et comment Nelly fut, dès 1941, agent de la Résistance dans le mouvement Lucresistance, ce qui conduira à son arrestation et sa déportation par la Gestapo.
Documentaire d’une grande richesse, aussi bien sur le plan du retour de déportation que sur le mouvement lesbien, longtemps ignoré, Nelly & Nadine est un film passionnant aussi bien sur le plan historique que sur le plan intime.
