Ce qui lui permet – une des forces du film – de se focaliser sur la relation père-fille dans un récit conçu du point de la jeune fille – le caporal sapeur-pompier volontaire et pratiquant le théâtre, Ghjuvanna Benedetti, est parfaite dans le rôle- qui redécouvre la figure paternelle dans ce road movie insulaire. Julien Colonna explique : « Le parti pris narratif d’être à hauteur d’enfant dans un monde d’adulte très opaque a toujours été une évidence. Avec le souhait de dépeindre une relation filiale qui tente d’exister, de survivre, dans un contexte où tout meurt. »
Là où le film perd de son intensité, c’est dans la dernière partie et la cavale en camping-car où Pierre-Paul et Lesia tentent de survivre dans un univers hostile. Affublé d’un postiche improbable, dont la couleur corbeau jure avec la barbe poivre et sel, le père se dévoile à sa fille à la table du bar d’un camping au milieu des estivants ce qui semble invraisemblable eu égard au désir de discrétion des fuyards. Soudain, le film devient bavard, et la confession tombe un brin à plat. Ce récit en forme de tragédie grecque aurait mérité une fin plus subtile.
