CINÉMA : MERCREDI 6 NOVEMBRE 2024
AU BOULOT !, de Gilles Perret et François Ruffin – 1h35
Documentaire avec Sarah Saldmann
Mon avis : 4 sur 5
L’histoire
2023, au cours d’une émission sur RMC sur le thème : « Le travail est-il encore essentiel dans notre vie ? » : invitée ce jour-là, Sarah Saldmann insiste sur la « médiocrité de ceux qui ne veulent rien foutre », « un rhume ou une angine et on va pas bosser ? Mais c’est quoi ces gens qui ne foutent rien ? C’est quoi ces assistés » avait-elle déclaré. François Ruffin lui a fait une proposition : essayer de vivre pendant trois mois avec 1 300 euros… L’avocate accepte, et Ruffin pose la question provocatrice : peut-on réinsérer les riches ?
Et alors ?
François Ruffin a une qualité au cinéma : savoir imaginer des pamphlets politiques pétillant d’humour et qui en « disent » plus long qu’un long discours. Il ne déroge pas à la règle dans ce nouveau doc en conviant une chroniqueuse qui a son rond de serviette dans Les Grandes Gueules, sur RMC, Sarah Saldmann, réputé pour ses positions d’un libéralisme le plus vibrant, à mener la vie d’une Smicarde en bossant dans différentes secteurs : l’installation de réseaux câblés, la conserverie ou encore le métier d’aide soignante.
Outre l’humour ironique, la force du documentaire, c’est d’immerger le spectateur dans le quotidien de ces femmes et de ces hommes qui bossent dur pour un salaire minimum et qui explique leur mode de vie à une chroniqueuse qui semble découvrir un monde, loin de son petit milieu feutré d’origine. Au demeurant, il faut saluer l’engagement de Sarah Saldmann qui joue le jeu jusqu’au bout. Et qui ne camoufle pas ses émotions quand la réalité la submerge. Notamment, elle a fini par accepter que la caméra la filme en train de pleurer en découvrant le quotidien de cette aide soignante d’un certain âge qui fait montre d’un dévouement sans failles auprès des personnes dont elle s’occupe.
Petit à petit, sous l’œil -parfois goguenard, mais toujours sensible – de François Ruffin, elle découvre ce monde sur lequel elle fantasmait alors qu’elle était plutôt familière des ventes de vêtements de luxe. Et Ruffin de souligner dans le teaser du film : « Est-ce qu’elle est gentille ou méchante Sarah Saldmann, est-ce qu’elle a vraiment changé, on s’en fiche, c’est pas le sujet, le sujet c’est les gens. »

