C’est la description de ce quotidien -avec la pauvreté, le manque d’eau et d’électricité notamment – qui fait la force de ce documentaire, capté au cours de trois mois de présence sur place. Et on mesure bien la tension permanente dans laquelle vivaient les Palestiniens. C’est notamment en 2018, la mort du journaliste palestinien Yasser Mortaja tué par des éclats de l’armée israélienne qui montre ce drame quotidien. Ayant été le premier à acheter un drone, ce journaliste couvrait la « marche du retour », ce mouvement de protestation civile lancé dans la bande de Gaza, le 30 mars 2018, pour dénoncer le blocus israélien et réclamer le « droit au retour » des réfugiés palestiniens. Des gazaouis qui n’hésitant pas à témoigner devant la caméra. » J’ai plutôt découvert leur facilité énorme à parler et à se confier, une facilité que je qualifierais presque de télévisuelle. Mon travail a donc consisté à casser cela afin de pouvoir accéder à quelque chose de plus intime et de plus personnel. »
Avec ce Voyage à Gaza, alors même que le lieu est en cours de destruction, Piero Usberti signe un doc qui résonne comme un cri désespéré à un moment où l’exil semble être la seule option de survie alors même que l’on sent chez les Gazaouis un désir de continuer à défendre ce bout de terre en y survivant.
