Habituée de s’intéresser dans ses scénarios aux rapports humains qu’elle a le don d’ausculter sous toutes les faces, Agnès Jaoui creuse ce même sillon dans ce quatrième disque, évoquant notamment l’adoption dans La Seine à Rio, sur une douce bossa nova. Ou rend hommage aux femmes en leur conseillant de ne pas subir leur vie dans Mon prince ne viendra pas où elle lance : « Ces éternelles rengaines/ Je les pensais anciennes/ Voilà qu’elles me reviennent/ Voilà qu’elles me surprennent/ Et je reste plantée sur mon élan brisé. »
Si l’ensemble manque parfois un peu de vraies surprises – le timbre de voix rappelant parfois Jeanne Moreau ou Anne Sylvestre -, ce nouvel album d’Agnès Jaoui est plaisant à écouter avec de petites réussites sous la forme de duo, que ce soit Un taxi pour la Marsa, avec Nawel Ben Kraiem, évocation émouvante du retour à Tunis où vivait son grand-père – et une manière aussi de célébrer des époques où juifs et musulmans pouvaient cohabiter en paix – ou celui avec Francis Cabrel, Si tú me dices ven.
Décidément, Agnès Jaoui est une artiste capable de se remettre toujours en question et de prendre des risques dans toutes les formes de création.
(*)Baboo Music/ Kuroneko
