La folie créatrice

Utilisant un procédé qui rend parfois les images plurielles, en s’inspirant de photographies de Raymond Depardon et de Paul Rousteau, Céline Sallette montre bien comment Niki a vécu dans un tourbillon durant cette décennie avec le passage par la case de l’hôpital psychiatrique et de traitement de choc en vogue à une époque où le cerveau restait encore une terra incognita et les traitements rudimentaires.

Pour pallier l’interdiction d’utiliser des œuvres de Niki de Saint Phalle, la réalisatrice s’est concentrée sur un portrait psychologique et, sans doute inspirée par le portrait de Picasso au travail, filmé par Henre-Georges Clouzot, elle « montre » les œuvres à travers le regard de l’artiste. Elle souligne : « Ce qui m’intéressait c’était de voir Niki se métamorphoser et le point de vue de l’œuvre me semblait tout à fait approprié. Il ne s’agissait pas de savoir ce que le spectateur pouvait penser des œuvres elles-mêmes, mais de voir l’artiste aux prises avec sa création, au plus près, dans sa catharsis ».

Cette absence a néanmoins du défaut : jouant beaucoup sur les coups d’éclat, les cris qui accompagnent les élans créatifs de Niki, la réalisatrice finit par s’enfermer dans un processus qui, devenant un peu systématique, réduit la force de ce biopic jouissant par ailleurs d’un casting des plus solides.

Pour compléter ce biopic, on pourra aller voir l’exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén (titre provisoire), que le Centre Pompidou et le Grand Grand Palais présenteront du 6 juin 2025 au 4 janvier 2026 (au Grand Palais).

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