En prime, le personnage campé par Philippe Léotard, alors jeune comédien de 24 ans et dont le jeu est déjà d’une force incroyable, est embarqué bien malgré lui avec ces maquisards dans leur errance de survie alors que les soldats nazis investissent le plateau en tuant beaucoup de gens, suspects ou non. Enfin, les séquences où les vrais résistants bouffent, picolent, chantent et offrent la vision d’une bande dépenaillée, tranchent avec la vision officielle développée après la Libération. Sans oublier la manière dont la sœur de l’un d’entre eux (on retrouve avec plaisir Estella Blain), qui plus est veuve d’un résistant, s’offre le premier soir au fils du collabo joué par Léotard.
Si le film a vieilli sur le plan d’une réalisation assez classique – malgré la beauté de la séquence finale dans le plateau près du Mont Aiguille – il conserve toute sa force dans le portrait de ces hommes embarqués dans une odyssée aussi fraternelle que promise à l’échec. Une sortie DVD en forme de deuxième vie pour ce drame historique.
