SORTIE : DVD et Blu-Ray – EXTRALUCID FILMS
LE FRANC-TIREUR, de Jean–Max Causse et Roger Taverne – 1h15 (1972)
Avec Philippe Léotard, Estella Blain, Roger Lumont, Roger Riffart
Mon avis : 3 sur 5
L’histoire
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fils d’un collaborateur de Grenoble monte chez sa grand-mère sur le plateau du Vercors attendre que la guerre se termine sans lui. Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes investissent le plateau. Forcé de s’enfuir, il rejoint un petit groupe de résistants et de civils et va devoir lutter pour survivre pendant trois jours et trois nuits.
Pourquoi fut-il « maudit » ?
Sorti presque en catimini au cinéma, en 2002, alors qu’il avait été tourné trente ans auparavant, Le Franc-Tireur fait partie de ces films qui reviennent de loin, et sa sortie dans un DVD, accompagné notamment d’un livret évoquant la fin envisagée sans oublier des bonus riches, est à marquer d’une pierre blanche.
De fait, cet unique film écrit et réalisé par Jean-Max Causse et Roger Taverne a d’abord été victime de la faillite de son producteur avant la fin du tournage et le duo de réalisateurs a dû le terminer avec des bouts de ficelle ; on le sent bien parfois en revoyant le montage final où la guerre est montrée avec une grande économie de moyens. La seule copie disponible fut ensuite bloquée par le syndic et Jean-Max Causse a dû la racheter pour pouvoir présenter ce film dans quelques festivals.
Par ailleurs, cette espèce de western français sur fond de la résistance dans le Vercors et des massacrés perpétrées par les Allemands, a fait susciter des réactions et fait réagir, par exemple, les édiles de Grenoble qui n’ont guère prisé la manière dont y est montrée la Résistance. « Le film n’était pas à l’image qu’il convenait de donner à la Résistance. L’image d’Epinal officielle a longtemps prévalu, ignorant le hasard et la complexité des êtres et des circonstances. Et puis Le Franc-tireur rappellent sans doute trop que le Vercors a été un maquis abandonné, malgré la visite de son chef militaire, le colonel Huet, au QG de De Gaulle à Alger, pour demander de l’aide. De Gaulle ne voulait pas que les Résistants du Vercors, jugés assez incontrôlables, aient part à la victoire. Il les a sciemment laissé tomber comme plus tard les harkis» souligne Jean-Max Causse.

