Le film repose aussi sur un casting trois étoiles – on remarque toujours la présence d’une actrice de la trempe de Sidse Babett Knudsen- et, indéniablement, Grégory Gadebois porte son intensité sur ses épaules et campe ce personnage qui se sent soudain exister quand quelqu’un prend, contre toute attente, sa défense. Campant l’avocat de la défense – une de ses grandes compositions – Daniel Auteuil confie : « J’avais besoin d’un visage et d’un corps qui expriment le fait que cet homme ne comprend rien à ce qu’il traverse. Un colosse fragile que personne n’a réellement jamais estimé ni prêté attention, à part un peu son ami Roger et qui, pendant trois ans, va côtoyer un type qui va enfin s’intéresser à lui : Monier. » Une fois encore, Grégory Gadebois montre à quel point sa palette de jeu est immense et qu’il peut, tour à tour, exprimer une forme de candeur ou une vraie duplicité.
Avec un retournement final assez surprenant, le film de Daniel Auteuil est un film fort sur la culpabilité, les apparences, et une plongée sensible dans les rouages du monde judiciaire. À ce jour, c’est la réalisation la plus aboutie et la plus inattendue de cet artiste touche-à-tout.
