Emilie Dequenne, une survivante bouleversante

Film politique au sens noble du terme, Rosetta est articulé autour du personnage principal comme le soulignait Luc Dardenne et non à partir d’une intrigue : « C’est une guerrière qui ne s’avoue jamais vaincue, qui repart toujours à l’attaque. C’est une survivante qui vit dans une économie primaire : l’eau, le logement, la nourriture. Elle s’est trouvée des armes bien à elle, un système de survie. »

Et Rosetta, c’est la découverte d’une jeune femme qui n’était pas actrice professionnelle alors, Émilie Dequenne et qui explose à l’écran, signant une composition magistrale pour quelqu’un qui découvrait le métier. Elle disait à l’époque : « Au début, c’est dur parce qu’on a peur de mal faire, on ne sait pas bien comment ça marche. Et après, c’est dur à cause de la fatigue, et du poids des responsabilités, que j’ai mesurés au fur et à mesure. Plus les jours passaient, plus je comprenais à quel point Rosetta c’était le film, et donc, je n’avais pas le droit à l’erreur, ou alors, c’était tout le film qui flanchait avec moi. » Face à elle, on retrouve un comédien qui devient un habitué du cinéma des Dardenne, Olivier Gourmet, dans le rôle du patron.

Permettant à la Belgique de remporter sa première Palme d’or au Festival de Cannes, a « offert » aussi un Prix d’interprétation à Émilie Dequenne (ex-aequo avec Séverine Caneele pour L’Humanité). La peinture sociale proposée par ce film garde, deux décennies après, toute sa force et propose une galerie de personnages qui sont archétypaux de la nature humaine : ni des anges, ni des salauds, mais des êtres qui tentent de survivre.

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