Pénétrant par la petite porte dans ce chantier titanesque, les réalisateurs ont rapidement croisé Merle Lister, qui les invite à venir chez elle pour évoquer sa vie dans cet hôte mythique. L’idée du documentaire a alors pris corps comme ils le soulignent: « Durant deux années, nous avons rencontré et filmé d’autres résidents, qui vivent et créent toujours au milieu du chaos du chantier. Comme Merle, ils sont les « irréductibles du Chelsea », restés dans l’ombre des artistes et des événements qui ont construit sa légende et en constituent sa mémoire vive. Ils rappellent que l’hôtel, malgré ses airs d’hospice rock’n roll, demeure un authentique toit, et pas seulement le vestige d’une utopie en voie de marchandisation. »
Il y a une indéniable poésie dans les images cadrés dans ce palace délabré, habité par bien des fantômes et certains témoignages de vieux habitants sont émouvants tant on sent qu’ils restent attachés à ce cadre, même s’il est devenu un chantier bruyant et poussiéreux. Mais, petit à petit, les témoignages finissent par se répéter dans cette plongée mélancolique dans le passé et le spectateur finit pas trouver le temps long, à regretter aussi que ne soit pas évoqué plus longuement ses prestigieux locataires et les histoires véhiculées dans ce château baroque. Une petite déception donc avec un tel sujet original, comme si un hôtel aussi mythique avait du mal à vraiment livrer ses secrets.
