Un homme « heureux »

CINEMA : MERCREDI 14 AOÛT 202

LE ROMAN DE JIM, de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu – 1h41
Avec Laetitia Dosch, Karim Leklou, Sara Giraudeau, Bertrand Belin

Mon avis : 4 sur 5

L’histoire

Aymeric retrouve Florence, une ancienne collègue de travail, au hasard d’une soirée à Saint-Claude dans le Haut-Jura. Elle est enceinte de six mois et célibataire. Quand Jim nait, Aymeric est là. Ils passent de belles années ensemble, jusqu’au jour où Christophe, le père naturel de Jim, débarque… Ça pourrait être le début d’un mélo, c’est aussi le début d’une odyssée de la paternité.

Et alors ?

Jouant sur une ellipse temporelle, pour permettre de balayer deux décennies de vie des acteurs de l’histoire, les frères Larrieu retrouvent la France des petites villes oubliée des médias, des sans grade, pour raconter cette quête de paternité « heureuse ». De même, ils ne s’appesantissent pas sur les petits trucs du quotidien – petits déjeuners, parcours vers l’école… – pour jouer sur un naturalisme de bon aloi.

Dans le roman éponyme de Pierric Bailly qui a inspiré le scénario, Aymeric est une figure originale car il exprime une grande douceur face aux accidents de la vie, même quand l’enfant, qu’il a élevé comme son fils, lui est arraché. C’est cette douceur qui surprend dans cette histoire d’un couple en crise dès lors que le père biologique de Jim débarque et vient troubler l’harmonie du couple.

Outre le beau travail sur la photographie, signée Irina Lubtchanski, et qui donne à l’ensemble une image douce, notamment avec les paysages du Haut-Jura où a été tournée la séquence de la Via Ferrata, l’histoire est portée par un casting tout à fait étonnant. Laetitia Dosch campe cette jeune femme qui assume ses choix de vie atypiques, quitte à sembler très égoïste quand Karim Leglou signe une prestation impeccable dans le rôle de ce personnage un peu lunaire, tendre et conciliant même s’il en souffre. « Dans la vie il se définit lui-même comme physiquement maladroit, mais il a une manière époustouflante de se rassembler au moment de la prise. Il plonge dans le plan et il aimante immédiatement le regard », souligne Arnaud Larrieu.

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