Mocky, le réfractaire

Tous les acteurs et actrices qui témoignent racontent aussi comment, sur un plateau, Mocky fait un numéro à lui tout seul, ne laissant pas vraiment les autres se concentrer facilement, comme si l’urgence était à ses yeux essentielle pour tourner vite et bien. Pour autant, de Bourvil à Serrault en passant par Poiret, bien des acteurs lui furent fidèles en sachant pertinemment qu’ils ne feraient pas fortune avec lui. Comme le dit avec gourmandise un Michel Serrault, « Avec Mocky, on risque de s’amuser. » Et l’extrait de la conférence de presse remuante à la sortie du Miraculé ne fait que le confirmer.

Outre son talent de polémiste, son goût pour la politique qui a nourri bien de ses films, y compris quand il s’agissait d’évoquer les scandales de l’industrie pharmaceutique, la pollution…, Mocky a aussi signé un cinéma de « gueules » et certains de ses comédiens en parlent. Bruno Solo souligne : « Il aime l’humanité qui se dégage de la monstruosité. » Et plusieurs membres de ses équipes témoignent de sa manière de dénicher tel ou tel personnage décalé en regardant des photos d’artistes réunies par sa directrice de casting. Lui aimait ironiser sur les critiques en lançant : « On me reproche de montrer les gens tels qu’ils sont. »

Avec deux témoins de choix – l’essayiste remuant Pacôme Thiellement, qui a un physique et un rire pour tourner dans un Mocky et le réalisateur Serge Bozon -ce documentaire gouleyant rend hommage à la douce folie créatrice d’un cinéaste qui s’est attaqué à tous les genres, après avoir été marqué à vie en découvrant sur grand écran, à 7 ans, les films des Marx Brothers. Un cinéaste rebelle et populaire, au sens noble du mot.

Pour compléter la soirée dédiée au cinéaste, Paris Première diffuse deux films de deux époques éloignées ;

Les Saison du plaisir (1988) avec un casting du tonnerre.

Un drôle de paroissien (1963), un des grands rôles de Bourvil, familier de l’univers du cinéaste.

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