Livre
Dans Histoires du cinéma X (*), Jacques Zimmer retrace par le menu l’odyssée d’un genre né avec le Cinématographe et qui connut son « âge d’or » dans les années 70. Un récit très documenté et qui est aussi une photographie des mœurs d’une époque.
Plus d’un siècle d’images licencieuses ! Avec Histoires du cinéma X, Jacques Zimmer – ancien rédacteur en chef de La Revue du cinéma et de La Saison cinématographique – fait un plongeon dans le passé pour décrire, avec un peu de hauteur, ce cinéma objet de bien des fantasmes. Le « X » français est une industrie considérable, une production torrentielle qui a charrié le pire et le meilleur. Né avec le cinématographe, le genre s’est d’abord appelé « clandestin » , « marginal » , ou « de bordel » pendant près de cinquante ans. Il a connu un véritable âge d’or dans les années 1970 avant d’être économiquement étranglé par la loi. Désormais absent des salles de cinéma, il prospère et se massifie par la vidéo et Internet. Telle est l’ambition du récit proposé par Jacques Zimmer.
Car le cinéma érotique et pornographique est vieux comme le Cinématographe. Les progrès techniques aidant, les photos obscènes diffusées sous le manteau, cédèrent la place aux films licencieux et autres « films de bordel », tel ce Mousquetaire au restaurant. On est loin parfois d’images très osées, telles que le cinéma moderne les montre, comme le rapporte l’auteur évoquant, par exemple, Une féérie (1905), où trois jeunes femmes apparaissent dans un décor de théâtre, enlèvent leur cape sous laquelle elles sont nues, mais, dit-il, « à l’exception d’un cache-sexe assez minimaliste« . De même, Jacques Zimmer insiste sur la manière dont, dès les origines, ce cinéma tait les noms des protagonistes devant et derrière la caméra, joue sur un halo de mystère. Ceux qui fabriquent comme ceux qui consomment se doivent de rester dans l’anonymat d’une industrie frappée du sceau de l’anathème.

