Signée José F. Aguayo, la photographie, presque expressionniste, renforce le côté glaçant de cet univers bourgeois dans lequel Fernando Rey, acteur familier de Buñuel, campe avec majesté ce bourgeois symbolisant les blessures qui traversent la société espagnole dans l’entre deux-guerres. Quant à Catherine Deneuve – qui avait marqué trois ans plus tôt Belle de jour– elle conserve, même amputée, la beauté fatale d’une œuvre marquée par l’humour noir du cinéaste où elle passe du statut de la jeune fille en apparence naïve à celui d’une femme aigrie. D’elle, Luis Buñel disait : « Catherine Deneuve n’est pas précisément mon type de femme mais, boiteuse et maquillée, je la trouve très attirante. » Quant à Franco Nero, il joue avec fougue le jeune peintre séducteur Horacio.
Après son retour en Espagne en 1969, huit ans après le scandale provoqué par Viridiana, huit ans auparavant, Buñuel replongeait dans Tolède et les rues animées par les souvenirs de sa jeunesse, marquée du sceau du surréalisme pour signer ce mélodrame pessimiste.
