Ce qui est très réussi dans ce biopic, c’est qu’elle s’intéresse à une période particulièrement douloureuse pour le compositeur qui doute de lui, de son art et qui doit résister à une femme aussi charmeuse que volontaire et tenace qu’est Ida Rubinstein, campée avec gourmandise et grâce par Jeanne Balibar. De fait, l’ ex-danseuse des Ballets Russes est devenue la star et la productrice de ses propres spectacles et, capricieuse, fait la pluie et le beau temps dans le Paris culturel.
Avec ce film, on voit à quel point l’inspiration est un processus qui tient du miracle, et comment Ravel est un artiste complètement en phase avec son temps dont il essaie de traduire en musiques les mutations industrielles. Ravel, c’est Raphaël Personnaz, remarquable, comme habité par son œuvre et qui a perdu 10 kilos pour entrer dans le peau de son personnage. De même s’il a une formation de pianiste, il s’est longuement entraîné pour être capable de jouer 80 % des séquences musicales du film, le reste étant assuré par le célèbre virtuose Alexandre Tharaud. Tout comme il s’est initié au métier de chef d’orchestre pour jouer les scènes où Ravel dirige La Valse et Le Boléro. Un travail payant et qui rend ce biopic extrêmement vivant et riche.
