Il est difficile de restituer en image l’approche psychologique du livre original et le film n’échappe pas à un côté un peu scolaire, avec quelques séquences répétitives comme celles du dance floor où Maria s’étourdit ou les scènes de drogue. Pour autant l’intérêt du film repose sur la manière dont la cinéaste décrit comment Maria a, tout de suite, exprimé sa colère devant la brutalité de cette scène imposée, y compris devant les journalistes, sans jamais être entendue. Jessica Palud souligne fort justement : « Maria est une des premières comédiennes à avoir parlé, elle a dénoncé les abus, et personne ne l’a écoutée. Elle en parle très tôt, que ce soit dans le documentaire de Delphine Seyrig Sois belle et tais-toi, ou au gré de ses interviews (« les films sont écrits par les hommes pour les hommes… »).
Portée par l’interprétation subtile de Anamaria Vartolomei, Maria est le portrait d’une femme qui résiste dans une indifférence généralisée, quitte à en payer le prix par une addiction à la drogue. Bien entourée – Matt Dillon n’est pas écrasé par le fantôme de Marlon Brando – Anamaria Vartolomei rend hommage à une actrice et à sa personnalité. Le portrait d’une femme qui s’est levée face au machisme du milieu cinématographique et la toute puissance de certains réalisateurs prêts à tout pour obtenir un effet.
