Et surtout, Malgorzata Szumowska – qui campe de manière étonnante Andrej- et Michal Englert racontent ce parcours par le prisme de différents points de vue : celui de la femme (Joanna Kulig) qui, malgré la blessure intime, accompagne son ancien mari dans ses choix; celui des enfants, des parents… Loin de toute idée reçue et préconçue, après la tension initiale, la relation entre Aniela et Iza évolue vers une forme d’apaisement, une vraie tolérance.
Film dense, parfois trop peut-être, D’autres vies que la mienne embrasse aussi sur quatre décennies la vie de ceux qui sont nés avec le communisme avant de connaître sa chute. Malgorzata Szumowska souligne : « Nous voulions montrer ces moments de l’histoire polonaise en toile de fond, afin de montrer la transformation, la changement du pays et la transition vers une nouvelle législation. Il s’agissait potentiellement de la route vers la liberté, mais en réalité, au bout du compte, la liberté n’existe pas pour la communauté LGBTQIA+ en Pologne. » C’est d’autant plus vrai que la religion catholique y tient une place de premier plan sur le plan politique, on l’a vu ces derniers mois avec les combats autour de la liberté de l’avortement.
Avec une mise en scène soignée – le travail sur la photographie en témoigne notamment – ce drame montre bien la difficulté d’être dans un des pays les plus homophobes et transphobes de l’Union européenne.
