Ainsi, à côté de la maladie qui progresse lentement, mais sûrement, l’histoire est aussi l’occasion de revenir sur les combats féministes, la découverte de la sensualité et les possibilités d’émancipation. Au cours des jours passés avec cette grand-mère, Manon prend alors conscience de son pouvoir de séduction, quitte à ce que la changement de sa couleur de cheveux ne trouble son père qui revoit en elle l’image de cette épouse disparue et qui fait resurgir des secrets de famille bien enfouis.
La finesse du film tient à la partition impeccable des trois personnages principaux. Face à Olivier Gourmet et Hélène Vincent, dont on sait la finesse du jeu, la capacité à se glisser dans bien des univers sans jamais en rajouter, Fantine Harduin campe, de manière étonnante, cette adolescente qui oscille entre timidité et audace, désir de s’affranchir.
Une comédie jamais pesante, mais qui explore joliment la complexité humaine, tout en abordant, avec beaucoup de délicatesse, cette maladie d’une mémoire qui se dérègle.
