L’amour et les esprits

« Parlant » sans doute plus à un ou une jeune Mongol(e) qu’à un Européen, Le Jeune Chaman montre bien comment, en Mongolie, sont mêlées tradition et modernité, quitte à provoquer bien des troubles chez un personnage comme Zé qui doit assurer la fonction de chaman pour sa communauté tout en ayant les interrogations et peurs classiques qui accompagnent le passage à une vie sexuelle d’adulte, la découverte du plaisir et des relations amoureuses.

Si le film prend parfois quelques chemins de traverse dans cette tranche de vie peu commune, il montre bien le quotidien de ces communautés d’Oulan Bator où les jeunes rivalisent pour réussir leur vie et avoir les diplôme ad hoc, tout en entretenant toutes ces vieilles croyances. S’il peut provoquer un chahut très potache dans sa classe en imitant le cri du chien, il change du tout ou tout dès qu’il revêt la tenue de chaman. Aller dans un centre commercial ou dans un dancing est un moyen aussi pour lui de reprendre pied dans une existence dite « normale ».

Tergel Bold-Erdene exprime bien toutes les émotions, les doutes aussi, vécus par ce jeune chaman dont la vie est soudain bouleversée par cet amour naissant. Pour sa prestation, il a reçu le Prix d’interprétation Orizzonti à la Mostra de Venise.

Récit étrange, ce film, malgré certaines longueurs, ne manque pas d’originalité et réussit à exprimer l’indicible de manière plutôt habile sans montrer cet univers mystique de manière caricaturale.

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