Pour nourrir cette narration et restituer l’intensité des échanges, Cédric Kahn et la scénariste Nathalie Hertzberg sont restés très fidèles aux procès vécus par Goldman, tout le nourrissant d’éléments externes. Il souligne : « On a intégré des éléments qui ont été découverts après le procès… On a pris pas mal de libertés, mais en même temps, on est restés très fidèles : la plaidoirie de Kiejman est quasiment la même au mot près, celle de l’avocat général aussi. »
Fiévreux, enflammé, Arieh Worthalter signe une composition époustouflante du prévenu, de ce voyou révolutionnaire qui est pétri de contradictions : sa prestation lui a valu le César très mérité du meilleur acteur en février dernier.
La force aussi de ce film, c’est, s’il éclaire la grandeur et la décadence d’une forme de militantisme d’extrême gauche de l’époque, de renvoyer à des préoccupations toujours d’actualité, que ce soit, les violences policières, la situation des minorités noires ou encore le poids de la Shoah sur les générations qui ont suivi. In fine, le film décrit un personnage d’une rare complexité, mettent le spectateur à la place d’un juré et qui a bien du mal à trancher devant un tel cas de figure. Très prenant.
