Avec Lili d’Alengy, célèbre courtisane parisienne venue la voir pour s’occuper de sa fille déficiente, elle forme alors un couple que tout oppose et qui, petit à petit, vont finir par se comprendre et s’épauler. « Le point de départ était d’imaginer une femme indépendante, sans que sa situation ne résonne
trop avec celle de Maria et Giuseppe. Faire d’elle une cocotte, c’était donc proposer un autre modèle de femme puissante et libre de l’époque, sans pour autant que ces qualités reposent sur son savoir académique, comme c’est le cas pour Maria », note la cinéaste.
Cela donne notamment la très belle séquence où Lili d’Alengy joue du piano pour les élèves de Maria Montessori en suscitant des pas de danse libérateurs chez ces enfants en retard. À l’écran par Jasmine Trinca et Leïla Bekhti incarnent ces deux femmes qui, chacun à leur façon, se battent pour obtenir leur liberté. Maria Montessori le paiera le prix fort en étant dans l’obligation de ne plus voir son fils durant une décennie quand son mari la force à le lui abandonner.
Avec au cœur de l’histoire des enfants connaissant des difficultés motrices, cognitives ou des troubles sensoriels, remarquablement « dirigés », ce film est aussi un opus « politique » qui montre bien comment, par un vrai contact et l’abandon des a-priori, on parvient à mieux vivre ensemble et à dépasser les handicaps, voire à les oublier. Le travail du chef opérateur Sébastien Goepfert apporte en prime à ce film une vraie qualité d’images qui, servies par un montage très précis, donnent un vrai souffle à ce récit du parcours de deux femmes qui refusent de se plier au diktat d’un patriarcat sûr de lui.
