Sombre est la nuit…

L’intrigue est, sans doute, simpliste, mais le film tient beaucoup sur l’atmosphère qui s’en dégage et sur cette description du milieu de la nuit parisienne des années cinquante. Même si la Nouvelle Vague s’est moqué de ce cinéma classique « à la papa« , l’opus de Grangier a d’indéniables qualités de réalisation, avec, par exemple , la séquence d’ouverture qui s’ouvre sur le visage en sueur d’un batteur de jazz qui signe un solo mettant en transe ce cabaret du centre de Paris.

Pour couronner le tout, la vendeuse de produits interdits est une pharmacienne campée par Danielle Darrieux et son affrontement final avec l’inspecteur Valois est piquant à souhait, Michel Audiard ayant ciselé des dialogues plus noirs que d’ordinaire et où il a mis la pédale douce sur les bons mots.

Il faut redécouvrir ce petit bijou de film noir, porté par un Gabin imposant et qui n’est pas encore « réduit » à des personnages de patriarche qui vont suivre dans les décennies suivantes. Un Gabin mis en valeur par Louis Page, qui fut son directeur de la photographie attitré : ils ont tourné 18 films ensemble.

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