La violence qui tue…

Par cette manière de dérouler sa pelote narrative, Veerle Baetens décrit petit à petit comment la mémoire d’Eva est un véritable champ de ruines qui ne peut que la pousser à des extrêmes. Et la séquence de fête, à l’atmosphère de Festen prend une terrible résonance dans l’économie du récit.

Privilégiant le gros plan dans sa mise en scène -on est étonné de la force du jeu des jeunes comédiens – Veerle Baetens capte au plus près les émotions et évite tout effet grandiloquent ou tout plan sordide d’une réalité qui n’a pas besoin d’en rajouter. De même la musique originale accompagne le récit, sans le phagocyter lourdement. Veerle Baetens montre enfin la lâcheté des adultes comme le montre la réaction de la mère de son meilleur ami face au drame qu’elle ne peut pas ne pas comprendre.

Film sur une blessure ouverte, film aussi sur la veulerie des adultes, Débâcle est une œuvre noire, intense et qui bouleverse. Et le regard de la jeune Rosa Marchant reste longtemps gravé dans la mémoire du spectateur …

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