Gérard Barray a tiré sa révérence

Hommage

Même si Jean Marais occupait de toute sa stature les devants de la scène et de l’écran, Gérard Barray fut une figure du cinéma dit de « cape et d’épée » dans les années 60, qui connut l’âge d’or du genre. Il vient de tirer sa révérence en toute discrétion. Il avait 92 ans.

Gérard Barray avait le contact facile et la poignée de main chaleureuse. Si Gérard Marcel Louis Baraillé, né à Toulouse, aurait pu devenir médecin, car il avait commencé les études de médecin-obstétricien, c’est finalement au théâtre et au cinéma que, sous le nom d’artiste de Gérard Barray, il fit carrière. Il aurait pu aussi suivre une carrière de musicien, lui qui fut passionné de jazz dès l’âge de 15 ans et qui se produisit, à son arrivée à Paris, comme pianiste dans des cabarets comme « L’Écluse ». Paris où il était venu tenter sa chance muni d’une lettre de recommandation de Camille Ricard, professeur au Conservatoire de Toulouse, pour un de ses amis, Noël Roquevert.

Après avoir suivi le cours Simon, il commença en reprenant, à 22 ans, le rôle de Jean Marais dans L’Aigle à deux têtes, de Jean Cocteau au côté de Sarah Bernhardt. La guerre d’Algérie mit une parenthèse dans sa carrière, mais, dès son retour, il décroche son premier rôle important dans L’Eau à la bouche. Les années soixante ont correspondu pour Gérard Barray a bien des rôles de bretteurs, un art qu’il a travaillé avec Claude Carliez resté un ami et qui lui fit faire bien des gammes pour maîtriser le langage de l’épée : son nom figura ainsi au générique de film comme Le Capitaine Fracasse, Le Chevalier de Pardaillan, Scaramouche ou encore Surcouf, le tigre des sept mers. Sans doute, Jean Marais lui fit un peu d’ombre dans les films de ce genre, mais Gérard Barray s’en tira pourtant avec les honneurs.

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