Le destin d’une voix rebelle

Camper Marley était un vrai défi et Kingsley Ben-Adir s’en tire avec les honneurs étant aussi crédible dans la partie scénique, avec la souplesse et le côté « habité » de Marley, que dans la partie privée où l’on voit la complexité d’un homme qui pouvait être dur, voire agressif et qui a parfois un comportement difficile avec sa femme.

Si le film restitue bien la violence politique du pays, si le choix des chansons avec leur traduction permet de mieux comprendre l’état d’esprit du musicien, ce biopic ne parvient pas, pour autant, à restituer pleinement ce destin tragique, utilisant trop souvent l’image du gamin qui court dans un champ aux prises avec les flammes et suivi par le cavalier-paternel, ou restant trop à la surface des concerts. Pour autant, il sait capter les conflits de Marley avec son producteur et ami, Chris Blackwell, fondateur du label Island Records : la scène où il découvre la pochette de Exodus est ainsi très réussi et révélatrice des objectifs d’un certain marketing.

Un biopic fidèle mais qui manque d’émotions, même si une séquence à Paris entre Rita et Bob montre bien les tensions dans le couple. Et c’est dans le générique final où l’on voit le « vrai » Marley dans de courtes séquences qui débordent de folie et d’humanité que les limites d’un tel exercice apparaissent alors.

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