Alors, certes Quentin Dupieux se promène à la surface des choses, mais, l’air de rien, il s’attaque à notre société de la communication à tout crin, aussi bien en montrant un maître accro à l’image animée et qui cède aux demandes quand il est filmé par de « grosses caméras » ou en faisant le portrait d’un producteur qui est un con prétentieux et qu’incarne avec beaucoup de véracité Romain Duris ! Quant à la jeune journaliste, campée avec fraicheur par Anaïs Demoustier, elle symbolise une espèce de vision pure du métier dans un contexte de faux-semblant et de paraître.
Et puis, il a eu l’idée saugrenue sur le papier de faire « incarner » l’artiste catalan par plusieurs comédiens. Et là c’est le carton plein tant Jonathan Cohen et Edouard Baer sont irrésistibles dans leur composition d’un Dali, plus autocentré que jamais et qui semble sorti en permanence d’une pub pour le chocolat Lavin dont le maestro était, on s’en souvient « Fouuuuuuuu ! ». Fou comme ce Daaaaaali ! Ce biopic déjanté est lui aussi un peu dingo, même s’il n’apportera pas un nouvel éclairage sur le talent du maestro.
