Jouant sur les ellipses (celle du procès notamment) Brigitte Sy filme l’histoire au niveau des humains : outre le portrait d’une jeune femme, qui mène une vie loin de ses rêves, il y a l’histoire d’amour impossible qu’elle entretient avec ce taulard mais aussi celle, plus subtile, que Sophie entretient avec la mère de Claude, une ancienne toxico, malade et que campe avec force Béatrice Dalle. C’est le télescopage de tous ces parcours qui fait la densité de l’histoire racontant des êtres portant tous des blessures profondes.
Laetitia Casta joue avec beaucoup de doigté cette jeune femme un brin vulgaire dans ses tenues voyantes qui, au fur et à mesure de son histoire, change physiquement et passe à l’acte pour changer le cours de son destin. Quant à Damien Bonnard, un comédien que l’on voit de plus en plus sur grand écran, il prouve, une fois encore, sa capacité à se glisser dans bien des personnages. Et là, il montre bien comme, même en zonzon, Claude essaie de tirer les ficelles du jeu, même si « la prison est un poison ».
Le film ne laissera personne indifférent car il décrit une certaine réalité carcérale, loin des visions médiatiques dominantes. Et cette histoire d’amour pas vraiment banale est faite pour interpeller et faire réfléchir aussi.
