La situation a été organisée par La loi Anti-Squat : promulguée le 14 juin 2023 par le Sénat et l’Assemblée nationale, ladite loi durcit les sanctions liées aux squats de locaux et pérennise cette expérimentation. En suivant le parcours d’Iris (Louise Bourgoin est très juste), le film décrit une forme de pire des mondes où « l’ubérisation » (horrible mot à la mode médiatique) devient un modus vivendi. Ainsi Iris doit cacher qu’elle est mère, elle peut financer des commandos venant faire peur aux locataires pour les chasser et lesdits locataires n’ont pas le droit de recevoir et doivent se soumettre à des travaux d’intérêt général. Commentaires de Nicolas Silhol : « J’ai fini d’écrire ce film pendant le confinement, moment où on s’interrogeait beaucoup sur le « monde d’après ». Mon intention était de donner cette vision d’un monde d’après où des travailleurs motivés, flexibles et précaires exploitent d’autres travailleurs motivés, flexibles et précaires dans une zone de banlieue non identifiée. Ce monde de demain, c’est déjà aujourd’hui. »
Si le scénario manque un peu de densité, dans sa dernière partie notamment, Anti-Squat est une satire réussie de notre monde moderne où le pire des mondes est toujours possible à envisager.
