Venu du documentaire – on se souvient de son remarquable travail avec Thomas Dandois, Calais, les enfants de la jungle, en 2017 – Stéphane Marchetti conserve une manière de filmer très réaliste, très proche de ses personnages et on ressent presque le froid que subit Marie dans ces voyages non dénués de risques et où elle prend celui de mettre à mal son couple naissant. Il est vrai, la séquence de la tempête de neige a été tournée pendant une vraie tempête d’où son grand réalisme et un moment où l’on sent que les comédiens ont dû aller au bout d’eux-mêmes.
Le personnage de Marie est bien campée par Florence Loire-Caille qui, malgré son physique fragile, exprime une grande force, une grande détermination, même si elle est en plein doute. Le cinéaste souligne : « Je sais qu’elle appréhendait énormément ce tournage, d’ailleurs elle m’a dit assez tardivement qu’elle n’aimait ni le froid ni la neige ! Sur le film, elle s’est vraiment surpassée physiquement. » Sans jamais forcer le trait, elle exprime aussi bien le courage physique de Marie que sa fragilité psychologique.
Avec un travail particulier sur l’image pour obtenir les lumières souvent inquiétantes de la nuit ou la dureté des éléments qui se déchainent en plein hiver, Stéphane Marchetti signe une première fiction au thème fort, sans manichéisme et qui a tout pour interpeller chaque spectateur.
