Souvent présentée comme une antichambre des Oscars, la soirée des Golden Globes a distingué deux films : Anatomie d’une chute, de Justine Triet (ci-dessous) et Oppenheimer, de Christopher Nolan.
Oppenheimer, le biopic de Christopher Nolan sur le père de la bombe atomique a fait la différence lors de la soirée des Golden Globes : meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur acteur pour Cillian Murphy, qui incarne Robert Oppenheimer, et meilleur second rôle pour Robert Downey Jr, qui campe un politicien qui fut le grand rival du scientifique. Celui-ci a dégainé l’humour pour saluer sa récompense : « Une grande histoire sur le dilemme éthique des armes nucléaires. Est-ce que ça a une chance de marcher ? Non. Sauf si Universal mise tout sur Christopher Nolan pour diriger Cillian Murphy. » Le réalisateur d’Inception n’a pas roulé des mécaniques et simplement souligné : « En tant que réalisateurs, nous réunissons des gens et nous essayons de les amener à donner le meilleur d’eux-mêmes. »
Le grand perdant, côté américain de la soirée, fut sans contexte Barbie. La meilleure comédie a été décerné à Pauvres créatures, déjà couronné par le Lion d’Or à la Mostra de Venise et qui sort le 17 janvier prochain. En prime, Emma Stone a été préférée, avec ce rôle de Frankestein au féminin à Margot Robbie. La comédie de Greta Gerwig, neuf fois nominée, repart avec le logique Golden Globe du meilleur succès commercial et celui de la meilleure chanson.
Autre trophée marquant : celui décerné à Lily Gladstone comme meilleure actrice dans un film dramatique pour son personnage d’Amérindienne se battant contre les ogres capitalistes dans Killers of the Flower Moon.
Côté film étranger, Justine Triet a fait la différence et remporté deux récompenses après sa Palme d’or cannoise : celle du meilleur scénario et du meilleur film en langue étrangère. Évoquant l’écriture du scénario écrit en plein confinement avec son compagnon Arthur Harari, la réalisatrice a raconté : « Nous n’arrêtions pas de nous dire que nous nous amusions beaucoup, mais que personne n’irait voir ce film », a-t-elle expliqué, avant de souligner avec un accent anglais des familles que son film « traite de la vérité et de l’impossibilité de la cerner ».
Pour son film, l’aventure des trophées américains s’arrête là car Anatomie d’une chute ne représentera pas la France pour l’Oscar du meilleur film étranger, délaissé au profit de La Passion de Dodin Bouffant, de Tranh Han Hung.

