À la télévision, son nom restera lié à jamais à la série Nestor Burma, de 1991 à 2003, où il campait avec superbe le fameux détective parisien sorti de l’esprit de Léo Malet. De ce personnage, il disait dans une des formules dont il avait le don : « Nestor Burma, c’est moi, le courage en plus. Je suis beaucoup plus timoré que lui dans la vie. » Quant à Léo Malet, il lui avait simplement signifié son satisfecit en disant : « Toi, tu es mon Nestor Burma« . Récemment, Guy Marchand avait joué son propre rôle dans la très ironique série Dix pour cent.
Musicien, Guy Marchand avait aussi marqué de son empreinte les ondes avec des airs intemporels comme Destinée, que l’on entend tous les ans lors des rediffusions télévisées du Père Noël est une ordure, même si, à l’origine, la chanson avait été créée pour Les Sous-doués en vacances. Cette chanson qu’il nommait une « connerie pour l’été » avait quand même été vendu 250 000 exemplaires. Au retour de la guerre d’Algérie, il avait déjà cartonné en écrivain La Passionata, qui devint un des tubes de l’été 1965. La chanson était sans doute l’univers qui correspondait le plus à cet éternel dilettante (en apparence) qui disait : « Je me considère plus chanteur qu’acteur, militaire ou boxeur.«
Flambeur, amoureux éternel, cynique et artiste talentueux : Guy Marchand a occupé une place à part dans la galaxie des artistes français. Un des films à revoir pour mesurer son talent n’est pas le plus médiatique : il s’agit Au-delà de la gloire, de Samuel Fuller (1980),. Dans sa version longue, restaurée et montrée en 2005, que l’on découvre en DVD avec 47 minutes supplémentaire, il joue un officier de cavalerie, le capitaine Chapier, qui promène en plein désert un humour décalé et un vrai panache dans cette guerre de 39-45 qui n’est pas la sienne. Comme il devait monter à cheval, mais que le budget était réduit, l’acteur avait récupéré des bottes de cavalerie à un soldat allemand, contraint de jouer nus pieds, mais derrière une dune. Le panache, toujours le panache. Et le sens du spectacle.
