Un amour entre passé et présent

Promenant ses personnages sur trois décennies et des pays différents, la cinéaste signe une histoire personnelle en forme de méditation sur la vie, sa trajectoire, ses rencontres déterminantes. Comme s’il fallait plusieurs vies pour répondre à tous les rêves de jeunesse. « Je pense qu’il y a une part de soi que l’on abandonne dans l’endroit que l’on quitte » explique Celine Song, elle qui a quittée la Corée quand elle avait 12 ans, a vécu à Toronto avant de s’installer à New York quand elle a eu vingt ans.

Fort bien jouée par les trois acteurs principaux, évoquant aussi des questions de société – par exemple comment en Corée, s’unir avec une personne d’un milieu différent n’est pas simple – le film évite les pièges du mélodrame par un subtil dosage des réactions des personnages au fil du récit. Il est juste dommage que certains plans à New York comme en Corée face un peu documentaire de voyage sans qu’ils se justifient pleinement dans l’économie du récit. La principale qualité du film est d’éviter aussi bien la guerre entre les deux amoureux ou que Nora succombe à nouveau au souvenir de cet amour de jeunesse. Si histoire d’amour il y a, elle est infiniment plus subtile et inattendue.

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