La jeune fille et la mer

Visuellement, sa quête est accompagnée de nombreuses séquences où la lumière (artificielle ou non) joue un rôle conséquent pour déterminer certaines atmosphères. Comme si, malgré ce lent travail de deuil, Lena continuait de voir la vie en couleurs. Cela donne des séquences visuellement très belles, notamment sur la mer quand les trois copains de voile tentent de faire surgir la « bête ». Explications de Domien Huyghe : « Le film met en scène différentes générations et il fallait qu’on puisse le sentir à l’écran. Le vieux magasin de pêche et la maison sont un peu poussiéreux, vieillots aux yeux de Léna. Pour elle, le monde a bien plus de couleurs. C’est une génération qui voit le monde en plus grand et plus coloré. »

La question au centre de l’histoire – le navire fut-il victime de l’attaque d’une créature venue des profondeurs ? – conduit le cinéaste à la séquence sous-marine où l’on aperçoit l’animal alors que Lena a plonge à sa suite de manière assez naïve. Même si rien ne permet de trancher si la bête est bien réelle ou fruit de l’imaginaire de l’adolescente, cette irruption de l’étrange – avec les difficultés qui tiennent à la présentation visuelle de l’animal, souvent décevante – peut paraître inutile en venant rompre une description très réaliste de la vie de ces pêcheurs du côté d’Ostende. L’histoire était assez bien menée, psychologiquement (notamment dans les relations avec la mère ) et dramatiquement, pour pouvoir se passer de ce moment qui fait un peu plaqué dans le récit. Il vaut mieux imaginer la bête que de découvrir son succédané numérique… En tout cas, ce drame familial sort des sentiers battus.

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