Cette « familiarité » avec le lieu permet au cinéaste de plonger sa caméra au cœur de cette rue ouverte, de se glisser sous les misérables bâches qui offrent une intimité de fortune à ces sans-abris qui oublient la vie dans les fumées d’une drogue bon marché. En cadrant le plus serré possible, il délimite une espèce de zone d’enfer dans laquelle des humains tentent de survivre. Et se raccrochent, dès qu’ils sont en groupe, dans une communauté où le religieux le dispute à la came.
Cette succession de tableaux, filmée avec réalisme, mais sans pathos ni jugement, est d’une grande force et ne peut que nous mettre mal à l’aise face à des damnés de l’existence. Un monde entre défonce et fraternité qui ne peut que nous interpeller et nous met à l’aise, tant elle questionne notre humanité et notre société dite « libérale ».
