Si l’histoire s’inscrit dans une certaine réalité, elle s’en éloigne aussi petit à petit comme en témoignent par exemple les séquences entre Mimi et sa psy ou encore les moments où elle erre en voiture avec cet avocat perdu pour les causes et qui s’accroche au fauteuil de la vieille bagnole tant sa conduite est singulière et fait peu de cas des lignes jaunes, surtout la nuit…
Daphné Patakia campe avec fluidité le personnage pas banal de Mimi en parvenant à échapper à toute caricature de malade psychologique. Et, elle se promène dans le monde avec un vrai émerveillement, écarquillant les yeux quand une situation lui échappe. Face à elle, Benoît Poelvoorde est à son aise dans le rôle de cet avocat, vite radié de l’ordre, et revenu de tout, errant chez lui dans la robe de chambre de sa mère, et qui peine à sortir de l’enfermement qu’il a choisi. Quant à la seule figure a priori raisonnable de l’histoire, l’avocate jouée par Agnès Jaoui, elle a aussi tendance à se réfugier dans son office pour échapper aux agressions du monde.
Étrange objet cinématographique, ayant tout pour dérouter un esprit cartésien, cette comédie lunaire, dont la fin reste mystérieuse et ouverte, est vraiment originale. Quant au titre du film, il a été inspiré par la chanson éponyme des Frères Jacques, La Branche, qui, selon la réalisatrice, « raconte le caractère fragile et mouvant de nos vies. »
