Si le griffe de Denys Arcand reste la même, son histoire part quand même un peu dans tous les sens et il aurait largement pu centrer son scénario sur la culture de l’annulation pour montrer les limites d’une position idéologique trop agressive et en évitant une caricature pas toujours légère, légère.
Pour autant, dans les chemins de traverse de son scénario, il offre des séquences justes comme celles sur le culte de la jeunesse chez les seniors où la « mise à l’écart » des hommes par certaines féministes, dans la scène de la remise des prix notamment. Pour autant, sa vision de la gent féminine aurait pu être plus aérienne et datée : que ce soit dans le portrait de la veuve hystérique que celui de la politicienne roublarde. En revanche, il créé la surprise avec le personnage joué par Marie-Mai , qui campe figure de soutien vaguement maternelle, mais tarifée.
Même si Rémy Girard campe avec gourmandise ce semi-retraité désillusionné qui finit par trouver une forme d’apaisement en redevenant amoureux, il manque une épine dorsale plus serré pour nous offrir du grand Denys Arcand. Pour l’anecdote, les amoureux de son univers ne manqueront pas de retrouver dans certains caméos, des habitués de son univers : Robert Lepage et Yves Jacques qui jouent respectivement le sous-ministre de la Culture et le directeur des beaux-arts, deux pèlerins bien comme il faut, qui déplorent le manque de culture des politiciens québécois. In fine, ce film provoque une vraie déception.
