Tourné en Algérie et en Tunisie, où Alexandre Arcady a retrouvé un immeuble semblable à celui de son enfance avec ses coursives et ses escaliers extérieurs, Le Petit Blond de la Casbah, est un exercice de mémoire avec quelques séquences un peu tire-larmes, ainsi quand l’aîné du clan offre un portefeuille à son père avec l’argent gagné lors d’un jeu radiophonique. Et porté par un casting solide – avec l’étonnante apparition de Jean Benguigui en grand-père ne parlant pas un mot de français – le film rend hommage à ce cocon familial avec un père, ancien légionnaire natif de Hongrie, aussi bienveillant avec ses enfants que jaloux comme un tigre face à sa femme campée fort justement par Marie Gillain.
Un film familial de bout en bout : c’est Alexandre Aja, cinéaste que l’on ne présente plus, qui a dirigé la deuxième équipe au côté de son père… Et, finalement, Arcady profite de ce retour dans le passé pour célèbrer aussi tout un cinéma qui lui donna sa raison de vivre. Pour autant, la mise en scène classique, le parti-pris du choc de deux époques – avec le voyage retour du cinéaste et de son fils dans la terre natale (comme le fit Arcady en 2 000) – n’arrive pas toujours à échapper à une vision un peu naïve de la situationet parfois un peu caricaturale. Reste l’émotion des souvenirs.
