Comme la cinéaste est interdite de tourner en Iran depuis 2009 et qui lui était impossible de filmer dans la ville d’Abadan, une des villes martyres du conflit, passer par le film d’animation a été une manière de contourner la difficulté : pour autant, elle a tenu à être fidèle à la réalité historique. Et indéniablement, La Sirène a une grande identité visuelle qui permet de faire passer les émotions de tous les acteurs de ce drame, des êtres de tout âge qui tentent de survivre malgré tout. Et l’image finale de l’arche, dans l’ultime séquence, symbolise ainsi une forme d’ode à la vie.
La BO du film accompagne avec subtilité le récit : elle est signée Erik Truffaz, un grand compositeur qui a reçu pour elle le Prix de la meilleure musique originale au Festival international du Film d’animation d’Annecy. Une musique qui est un « acteur » de plus du récit : dès les premières images, on entend le son du Dammam, le tambour traditionnel du sud de l’Iran et il revient régulièrement au cours du récit. `
L’histoire d’Omid est aussi un acte politique pour réveiller le souvenir des souffrances vécues par le peuple durant ce conflit oublié aujourd’hui.
