Quand Recife vibrait pour le cinéma

Depuis des années, Kleber Mendonça Filho a accumulé les images, en VHS et Super 8, sur ces salles aujourd’hui qui ont disparu et ont nourri son imaginaire. Certaines salles ont même été construites dans l’esprit de l’industrie cinématographique du Troisième Reich et bénéficie d’une architecture imposante, comme le prouvent des images au temps de sa splendeur.

L’auteur a aussi interrogé un vieux projectionniste qui raconte sa vie dans sa cabine dépourvu de climatiseurs et il se souvient de manière assez drôle comment il ne supportait plus la musique du Parrain qu’il a projeté quatre mois sans interruption ! Il y a aussi des moments plus inattendus et poétiques quand le cinéaste évoque l’importance des marquises, ses enseignes que les employés montaient à la main.

Documentaire d’un passionné de films, cet opus est un bel hommage à ces salles « vintage » où le large public a pu découvrir des œuvres majeures du cinéma mondial. Par la voix du cinéaste non dénué d’humour, avec quelques interventions de témoins extérieurs comme le chauffeur de taxi, ce film aux accents mélancoliques évoque les lumières du passé dans une ville qui a, petit à petit, abandonné l’univers du 7°Art. Filmer devient alors un acte presque de résistance pour garder une trace de ce qui a disparu ou va disparaître.

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