L’ange maudit

Sorties cinéma : mercredi 25 octobre 2023

LE VOURDALAK, de Adrien Beau – 1h30
Avec Ariane Labed, Kacey Mottet Klein, Grégoire Colin

Mon avis : 2 sur 5

L’histoire

« Mes enfants, » avait dit le vieux Gorcha avant de partir, « attendez-moi six jours. Si au terme de ces six jours je ne suis pas revenu, dites une prière à ma mémoire car je serai tué au combat… Mais si jamais, ce dont Dieu vous garde, je revenais après six jours révolus, je vous ordonne de ne point me laisser entrer, quoi que je puisse dire ou faire, car je ne serais plus qu’un maudit Vourdalak ». C’est dans une famille en proie à l’angoisse, au terme du sixième jour, que trouve refuge le Marquis Jacques Antoine Saturnin d’Urfé, noble émissaire du Roi de France…

Et alors ?

Adaptation de la nouvelle d’un lointain cousin de Tolstoï – Alexeï Konstantinovitch – ce film à la frontière du fantastique et de l’horreur s’inscrit dans la grande tradition de la littérature de ce genre si en vogue à la fin du XIXe siècle, avec des auteurs comme Théophile Gautier ou Edgar Allan Poe. Commentaires de Adrien Beau : « Quand j’ai lu cette nouvelle pour la première fois, ce qui m’a étonné, c’est à quel point elle était différente des autres contes de vampires auxquels nous sommes habitués de nos jours. Elle a été écrite près de cinquante ans avant le Dracula de Bram Stoker (…) Dans l’histoire de Tolstoï, le Vourdalak vient d’un milieu très différent. C’est un homme simple, un paysan.
Il pourrait être n’importe qui. Cela montre à quel point, avant de devenir ce personnage
archétypal et glamour, le vampire était une superstition de la vie quotidienne, une véritable
croyance pour certaines personnes dans des régions reculées d’Europe, et une vraie source
de terreur pour des générations. »

Utilisant habilement le cadre – classique – de la vieille demeure isolée comme décor, Adrien Beau a tiré le récit vers des considérations plus modernes, en montrant à quel point l’époque restait très sexiste et les questions de genre passées sous un silence absolu. Et, in fine, ce « monstre » peut symboliser un patriarcat omniprésent à l’époque.

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