Dans les griffes d’un prédateur

La prestation de Jean-Paul Rouve ne permet pas pour autant de sauver une mise en scène qui n’évite pas les lourdeurs et les faux pas. Très classique dans la première partie, la réalisation tente ensuite de symboliser la déprime qui s’abat sur l’adolescente en pleine crise par un montage haché, un jeu de gros plans, mais cela manque d’originalité et ne donne pas plus de rythme. Quant aux dialogues, ils ne parviennent pas à restituer la force libératrice du texte original. En revanche, le film montre bien comment tout un petit milieu littéraire parisien – la séquence d’Apostrophes de 1990 l’atteste quand, seule, Denise Bombardier ose s’élever face à Matzneff- ferme les yeux sur un tel prédateur sexuel, flatté sans doute d’approcher un tel écrivain sulfureux.

Le livre avait une force certaine que l’adaptation cinématographique ne parvient pas à restituer. Reste la prestation inattendue d’un Jean-Paul Rouve qui pourrait, légitimement, lui valoir un César. Le sujet reste fort et dérangeant, mais le film décevant.

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