Une fois encore, Rabah Ameur-Zaïmeche exprime à l’écran une certaine « tendresse » pour les exclus, les démunis qui n’ont pas réussi à « prendre le train » de la modernité en marche et végètent de combines en combines pour survivre. Le cinéaste explique : « Cela remonte à mon enfance. Dans les westerns, j’ai toujours préféré les Indiens à la cavalerie américaine… Dans les films de cape et d’épée, le camp des contrebandiers à celui des Dragons du Roi, la cour des miracles à celle de Versailles. Et dans les polars, les gangsters aux forces de police et aux détectives privés, les quartiers populaires aux salons parisiens… C’est comme ça, c’est une nature. » Là, dans l’histoire, les gangsters expriment une vraie fraternité, forment une espèce de famille : c’est peut-être pour ça qu’ils sont dépassés par le coup qu’ils viennent de connaître et l’onde de choc provoquée…
Porté par des acteurs connus – tels Philippe Petit et Slimane Dazi – ce drame en forme de tragédie grecques revisite le thème éternel de la lutte des classes dans le contexte particulier de la crise identitaire. C’est noir, sombre et puissant.
