Chronique de la fin d’un monde…

À partir de la « banale » annonce de la fermeture de cette usine familiale, et le choc que cela provoque chez des employés qui y vivent depuis longtemps, Ahmad Bahrami signe un récit à plusieurs entrées qui évoquent aussi bien les conditions de travail indigne – même si le patron veut verser les derniers salaires, on voit bien que les rétributions étaient tout sauf régulières ; les relations amoureuses ou encore la fin d’une époque industrielle car, en Iran comme ailleurs, les briques cèdent la place à d’autres matériaux de construction. Avec, au centre du récit le personnage de Lotfollah, un être économe de paroles, qui a passé toute sa vie dans ce lieu qu’il voit disparaître du jour au lendemain.

S’il faut aimer les films lents, peu bavards pour rentrer pleinement dans ce récit social, il s’en dégage une force singulière, tant la mise en scène de Ahmad Bahrami utilise à merveille le noir et blanc qui renforce l’atmosphère d’une époque qui se meurt. Et donne à cette histoire construite sur bien des plans séquence une identité visuelle très forte.

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